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	<title>Yannis Lehu&#233;d&#233;</title>
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		<title>Yannis Lehu&#233;d&#233;</title>
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		<title>Appel de la CISPM pour la participation des Sans-papiers au Forum social mondial</title>
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		<dc:date>2015-02-03T18:40:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yannis</dc:creator>


		<dc:subject>Sans-Papiers</dc:subject>
		<dc:subject>Caravane des Sans-Papiers</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Coalition internationale des sans-papiers et migrants (CISPM) appelle &#224; la mobilisation g&#233;n&#233;rale pour trouver des financements pour organiser deux caravanes itin&#233;rantes &#224; l'occasion de leur participation au Forum social mondial de Tunis en mars 2015 (voir l'appel plus bas). Une cagnotte a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour que n'importe qui puisse soutenir simplement, et m&#234;me modestement, le projet des sans-papiers et migrants. N'h&#233;sitez pas &#224; faire tourner le lien et les informations. &lt;br class='autobr' /&gt; La CISPM et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.yannis.lehuede.org/-agenda-63-.html" rel="directory"&gt;Agenda&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.yannis.lehuede.org/+-sans-papiers-+.html" rel="tag"&gt;Sans-Papiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.yannis.lehuede.org/+-caravane-des-sans-papiers-+.html" rel="tag"&gt;Caravane des Sans-Papiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.yannis.lehuede.org/+-tunisie-+.html" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Coalition internationale des sans-papiers et migrants (CISPM) appelle &#224; la mobilisation g&#233;n&#233;rale pour trouver des financements pour organiser deux caravanes itin&#233;rantes &#224; l'occasion de leur participation au Forum social mondial de Tunis en mars 2015 (voir l'appel plus bas). Une cagnotte a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour que n'importe qui puisse soutenir simplement, et m&#234;me modestement, le projet des sans-papiers et migrants.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'h&#233;sitez pas &#224; faire tourner le lien et les informations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La CISPM et l'association DIEL (Droits Ici Et L&#224;-bas) organisent deux caravanes pour se rendre au Forum social mondial qui se d&#233;roulera &#224; Tunis du 24 au 28 mars 2015. La premi&#232;re partira de Bamako, traversera la Mauritanie et le Maroc ; la deuxi&#232;me partira de Paris, passera par l'Espagne et rejoindra la premi&#232;re caravane &#224; Ceuta. De l&#224;, elles finiront leur route ensemble jusqu'&#224; Tunis, en passant par l'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mobilisation &#224; partir des deux p&#244;les de notre g&#233;ographie de migrants et d'exil&#233;s, dans une convergence vers le FSM, tient &#224; notre volont&#233; de donner la plus haute r&#233;sonance aux voix des &#171; damn&#233;s de la terre &#187; que nous ne cessons d'&#234;tre, comme anciens colonis&#233;s, et des nouveaux sous-prol&#233;taires que nous sommes devenus, comme sans-papiers, r&#233;fugi&#233;s et demandeurs d'asile. Ces caravanes auront pour but, tout au long de leur parcours, d'expliquer les dangers des travers&#233;es du Sahel et de la M&#233;diterran&#233;e - cons&#233;quences des politiques migratoires europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque caravane, d'une cinquantaine de personnes, comportera des sans-papiers mandat&#233;s pour prendre la parole au FSM 2015, car nous tenons, plus que tout, &#224; ce que la voix des sans-papiers eux-m&#234;mes soit entendue officiellement au sein de l'agora mondialis&#233;e du FSM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour permettre &#224; nos caravanes de prendre le chemin de Tunis en mars 2015, soutenez-nous sur notre cagnotte en ligne (5&#8364; c'est d&#233;j&#224; bien !)&lt;br class='autobr' /&gt;
[Source : &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=382902591882329&amp;id=339882146184374&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;facebook de la CISPM&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CISPM (Coalition internationale des Sans-papiers et Migrants) appelle tous les mouvements et collectifs de Sans-papiers, Migrants d'Europe et demandeurs d'asile, ainsi que les associations de migrants subsahariens arriv&#233;s ou install&#233;s au Maghreb, &#224; r&#233;aliser ensemble leur participation active au prochain Forum Social Mondial (FSM) de Tunis, qui se tiendra du 24 au 28 mars 2015.&lt;br class='autobr' /&gt;
La CISPM, cr&#233;&#233;e en 2012, dans le droit fil de la 1&#232;re Marche europ&#233;enne des Sans-papiers et Migrants r&#233;alis&#233;e en Juin 2012, est le regroupement de collectifs de Sans-papiers et demandeurs d'asile r&#233;sidant dans plusieurs pays europ&#233;ens, &#224; ce jour :&lt;br class='autobr' /&gt;
la France, la Suisse, l'Italie, l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Pologne, ainsi qu'au Mali, en C&#244;te d'Ivoire, au S&#233;n&#233;gal et en Mauritanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son objectif est de lutter pour l'avanc&#233;e des droits des sans-papiers, des Migrants et des demandeurs d'asile, &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne et internationale, la seule aujourd'hui pertinente pour attaquer les probl&#232;mes &#224; leur v&#233;ritable hauteur. Pour cet &#233;v&#233;nement du FSM 2015 de Tunis, deux Caravanes seront form&#233;es par la CISPM, l'une venant du Nord, d'Europe, par la M&#233;diterran&#233;e, l'autre du Sud, d'Afrique Sub-saharienne, par la route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette mobilisation &#224; partir des deux p&#244;les de n&#244;tre g&#233;ographie de migrants et d'exil&#233;s, dans une convergence vers le FSM de Tunis, tient &#224; n&#244;tre volont&#233; de donner la plus haute r&#233;sonance, dans cette chambre d'&#233;cho que sera le FSM, aux voix des &#171; damn&#233;s de la terre &#187; que nous ne cessons d'&#234;tre, comme anciens colonis&#233;s, et des nouveaux sous-prol&#233;taires que nous sommes devenus, comme Sans-papiers, r&#233;fugi&#233;s et demandeurs d'asile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous voulons notre engagement aussi important, c'est d'abord parce que les questions mises en jeu au FSM 2015 nous y invitent express&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Lire la suite sur le site &lt;a href=&#034;https://fsm2015.org/dossier/2014/11/18/appel-de-la-coalition-internationale-des-sans-papiers-et-migrants-cispm-pour-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;FSM2015.org&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La cagnotte, pour le financement de deux caravanes de sans papiers et migrants et leur participation au Forum social mondial &#224; Tunis, est disponible &#224; cette adresse :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://payname.fr/cagnotte/Aide-a-la-Coalition-internationale-des-sans-papiers-et-migrants&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://payname.fr/cagnotte/Aide-a-la-Coalition-internationale-des-sans-papiers-et-migrants&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://payname.fr/cagnotte/Aide-a-la-Coalition-internationale-des-sans-papiers-et-migrants" class="spip_out"&gt;Cagnotte pour le financement du projet&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le racisme, une entreprise d'Etat</title>
		<link>https://www.yannis.lehuede.org/le-racisme-une-entreprise-d-etat.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.yannis.lehuede.org/le-racisme-une-entreprise-d-etat.html</guid>
		<dc:date>2015-01-25T16:42:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Sitbon</dc:creator>


		<dc:subject>Sans-Papiers</dc:subject>
		<dc:subject>Rroms</dc:subject>
		<dc:subject>edito</dc:subject>
		<dc:subject>roms</dc:subject>
		<dc:subject>Sarkozy</dc:subject>
		<dc:subject>New York Times</dc:subject>
		<dc:subject>mariage gay</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En une du New York Times, ce dimanche 25 janvier 2015, un &#233;conomiste, enseignant &#224; la Georges Mason University, Tyler Cowen, attire l'attention sur les travaux de deux chercheurs su&#233;dois, Niclas Berggren &#8211; du Research Institute of Industrial Economics &#8211;, et Therese Nilsson &#8211; de l'universit&#233; de Lund &#8211;, sur les corr&#233;lations entre les libert&#233;s &#233;conomiques, et la prosp&#233;rit&#233; qui en d&#233;coule, avec les ph&#233;nom&#232;nes d'intol&#233;rance raciale ou sexuelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#233;tudes &#233;tablissent que, si on a pu constater (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.yannis.lehuede.org/-societe-.html" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.yannis.lehuede.org/+-sans-papiers-+.html" rel="tag"&gt;Sans-Papiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.yannis.lehuede.org/+-rroms-+.html" rel="tag"&gt;Rroms&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.yannis.lehuede.org/+-edito-+.html" rel="tag"&gt;edito&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.yannis.lehuede.org/+-roms-+.html" rel="tag"&gt;roms&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.yannis.lehuede.org/+-sarkozy-+.html" rel="tag"&gt;Sarkozy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.yannis.lehuede.org/+-new-york-times-+.html" rel="tag"&gt;New York Times&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.yannis.lehuede.org/+-mariage-gay-+.html" rel="tag"&gt;mariage gay&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En une du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, ce dimanche 25 janvier 2015, un &#233;conomiste, enseignant &#224; la Georges Mason University, Tyler Cowen, attire l'attention sur les travaux de deux chercheurs su&#233;dois, Niclas Berggren &#8211; du Research Institute of Industrial Economics &#8211;, et Therese Nilsson &#8211; de l'universit&#233; de Lund &#8211;, sur les corr&#233;lations entre les libert&#233;s &#233;conomiques, et la prosp&#233;rit&#233; qui en d&#233;coule, avec les ph&#233;nom&#232;nes d'intol&#233;rance raciale ou sexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;tudes &#233;tablissent que, si on a pu constater une grande &#233;volution de la tol&#233;rance vis-&#224;-vis de l'homosexualit&#233; &#8211; dont les succ&#232;s de la revendication du mariage gay semblent attester &#8211;, il n'en va pas du tout de m&#234;me quant aux intol&#233;rances raciales qui, au contraire, dans le m&#234;me temps, sont manifestement croissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion ne pourra pas nous &#233;tonner, en France, apr&#232;s la d&#233;sastreuse aventure du sarkozysme, lorsque notre &#233;conomiste souligne le fait que la qualit&#233; morale de la gouvernance semble un facteur bien plus d&#233;cisif dont les effets se constatent directement &#224; la base des soci&#233;t&#233;s ainsi mal conduites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme de cette exploration &#8211; fond&#233;e sur l'analyse de nombreuses donn&#233;es recueillies &#224; travers le monde &#8211;, on en revient &#224; circonscrire la responsabilit&#233; directe de l'Etat dans la construction du racisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a ainsi pu voir ici &#8211; pour en revenir &#224; la d&#233;plorable exp&#233;rience du sarkozysme, malheureusement prolong&#233;e par ceux qui ont pris sa suite &#8211;, comment il a suffi d'un discours de Grenoble pour que la &#034;question rom&#034; finisse par se poser dans des termes tr&#232;s semblables &#224; ce que pouvait &#234;tre la &#034;question juive&#034; sous d'autres cieux en d'autres temps. La plong&#233;e brutale au fond de la nuit, o&#249; la police peut organiser ouvertement la chasse sans fin de ce peuple &#233;ternellement ostracis&#233;, restera comme une des plus laides fl&#233;trissures de la tradition des Lumi&#232;res. La honte de notre temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sentiment qui se verra ainsi relay&#233; par la population jusqu'au ras du sol, aura &#233;t&#233; sponsoris&#233; &#224; la t&#234;te de l'Etat, le Pr&#233;sident mobilisant l'ensemble de ses super-pr&#233;fets &#224; l'&#233;t&#233; 2010, parvenant &#224; faire de la France un des pires pays du monde &#224; cet &#233;gard. La pers&#233;cution des sans-papiers, revendiqu&#233;e &#233;galement avec hauteur au moins depuis l'&#233;lection de Sarkozy en 2007, aura de m&#234;me sponsoris&#233; la x&#233;nophobie dans notre pays &#224; des niveaux jamais atteints depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ainsi confirmer le diagnostic propos&#233; par le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; : la qualit&#233; morale du gouvernement est probablement un facteur d&#233;cisif pour d&#233;terminer la qualit&#233; des relations entre les populations administr&#233;es par celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette le&#231;on m&#233;riterait d'&#234;tre m&#233;dit&#233;e tant la politique entreprise par l'Etat s'av&#232;re chaque jour plus dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est grand d'en changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paris s'&#233;veille&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Economic Freedom Does Not Necessarily Lead to Greater Tolerance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Differences in race, religion and sexual orientation have erupted in violence around the world recently, making it all too clear that tolerance is an ideal that our societies haven't fully achieved.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What isn't well known is that economists have been studying tolerance and its preconditions for many years, discovering some fascinating yet also unsettling truths.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Since the Enlightenment of the 18th century, for example, it's often been assumed that when you trade with other people you tend to become more tolerant of their differences because mutual understanding increases with greater contact. Furthermore, tolerance is in most people's individual self-interest because the truly intolerant forgo economic benefits &#8212; losing the chance to hire the best workers and to sell to all available customers. For those reasons, as commerce increases and economies grow more sophisticated, discrimination and prejudice should diminish, or so it has been thought.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But is any of that true ? Two economists from Sweden, who identify with the Enlightenment tradition, have been testing those claims against the data. They are Niclas Berggren at the Research Institute of Industrial Economics and Therese Nilsson of Lund University. The two scholars have produced a fascinating series of papers on these questions, sometimes writing singly, sometimes together or with the collaboration of a variety of co-authors. Their most notable study is perhaps a paper they wrote together, &#8220;Does Economic Freedom Foster Tolerance ?&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;One of their most striking findings is that societies characterized by greater economic freedom and greater wealth do indeed exhibit greater tolerance toward gay people, a tendency suggesting that gay rights, including gay marriage, will spread globally as national economies liberalize and develop. In other words, if a society allows individuals to engage in consenting capitalist activities with a minimum of legal regulation, we might also expect tolerance of a variety of other choices, including those regarding sexual behavior. Identifying cause and effect can be difficult in such studies, but increases in economic freedom have been associated with increases in this kind of tolerance. Score one for the Enlightenment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is no small matter. With the Supreme Court considering legalization of gay marriage throughout the entire United States and not just in the states in which gay marriage is legal now, the paper implies that such a decision would stand on the side of history.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There is a catch, though. This greater tolerance is strongly associated only with certain features of what has often been defined as economic freedom. For example, a smaller government, measured as a share of gross domestic product, is often included in so-called economic freedom indexes as an objective measure of freedom. But the data show that smaller government has a slight negative correlation with tolerance of gay people by heterosexuals. One implication is that many conservatives may be overly preoccupied with the size of government as a measure of how free societies actually are.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On the other hand, the data shows that when a society has impressive scores on property rights security and low inflation &#8212; two other components of economic freedom indexes &#8212; these characteristics are strongly and positively correlated with tolerance of gays. It's possible that low inflation, and the behavior of a central bank, are stand-ins for the general trustworthiness of a nation's government and broader institutions, and such trustworthiness helps foster tolerance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When we move to racial tolerance, we find similar but much weaker correlations with measures of economic freedom. Perhaps racial prejudices are more deeply ingrained than other sorts of prejudice, although, as one might expect from their Enlightenment orientation, Mr. Berggren and Ms. Nilsson are not themselves convinced such pessimistic conclusions are warranted. Let's hope they are right, because a recent Gallup Poll showed that while American tolerance toward gays has risen, race relations have worsened. The events in Ferguson, Mo., seem to reflect that sad truth.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Another lesson from this data is that economic forces alone are not all-powerful. Both economic freedom and wealth have much closer associations with tolerance when a society exhibits high levels of trust, as measured by the attitudes that people report when surveyed. In other words, economic freedom, wealth and good human values seem to work together, although the causality is murky. Questions of trust occupy only a secondary position in economics and arguably deserve much more attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;How can prejudice be dismantled ? We are often told that education is an important remedy, yet it does not register as a meaningful factor in the cross-country data in this paper. Higher levels of education simply have not correlated significantly with higher levels of tolerance across countries. Income inequality is also not a significant variable. It would be premature to conclude that education and income have no influence, but we should re-examine the pieties that suggest they are of major importance for tolerance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finally, the paper offers an intriguing result drawn from data on Muslims who responded to polling questions around the world : Compared with non-Muslims, they are much less tolerant of gay individuals but no less tolerant of differences across the races.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;None of these results should be taken as the final word, but they point in some intriguing directions. Economists respect numbers, but we also ought to do more to recognize the meaning of human values and perceptions. Commercial incentives and wealth matter but they are not decisive. Societies do not build trust automatically and so prejudice does not always fall away. The moral quality of our government, and our governance, is important for the fabric of society at the micro level. And finally, not all kinds of prejudice are affected by the same factors. We may make big progress in one area while standing still or perhaps even moving backward in others.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[Source : &lt;a href=&#034;http://www.nytimes.com/2015/01/25/upshot/economic-freedom-does-not-necessarily-lead-to-greater-tolerance.html?emc=edit_th_20150125&amp;nl=todaysheadlines&amp;nlid=43071275&amp;_r=0&amp;abt=0002&amp;abg=0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;New York Times&lt;/a&gt;]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Migrants sans-papiers, pers&#233;cut&#233;s, noyad&#233;s, massacr&#233;s</title>
		<link>https://www.yannis.lehuede.org/migrants-sans-papiers-persecutes.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.yannis.lehuede.org/migrants-sans-papiers-persecutes.html</guid>
		<dc:date>2014-11-12T21:59:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Sans-Papiers</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Combien de morts ? Personne ne sait, personne ne saura jamais. Pour qu'enfin apparaisse publiquement la v&#233;racit&#233; du cri d'alarme lanc&#233; depuis bien des ann&#233;es par les migrants subsahariens : la travers&#233;e de la M&#233;diterran&#233;e se fait au prix d'&#233;norm&#233;ment de noyades, il aura fallu qu'un pays, l'Italie, y d&#233;ploie pendant un an les moyens de sa marine militaire (co&#251;t affich&#233; entre 9 et 10 millions d'euros par mois) : officiellement, pour sauver les migrants, en fait pour mettre la pression (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.yannis.lehuede.org/-voix-des-sans-papiers-.html" rel="directory"&gt;voix des sans-papiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.yannis.lehuede.org/+-sans-papiers-+.html" rel="tag"&gt;Sans-Papiers&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Combien de morts ? Personne ne sait, personne ne saura jamais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour qu'enfin apparaisse publiquement la v&#233;racit&#233; du cri d'alarme lanc&#233; depuis bien des ann&#233;es par les migrants subsahariens : la travers&#233;e de la M&#233;diterran&#233;e se fait au prix d'&#233;norm&#233;ment de noyades, il aura fallu qu'un pays, l'Italie, y d&#233;ploie pendant un an les moyens de sa marine militaire (co&#251;t affich&#233; entre 9 et 10 millions d'euros par mois) : officiellement, pour sauver les migrants, en fait pour mettre la pression m&#233;diatique sur l'Europe et la faire participer aux frais des contr&#244;les de ses fronti&#232;res sud. D&#232;s lors, le nombre de morts est apparu impressionnant : depuis janvier &#171; au moins 3300 &#187;, &#233;crit Le Monde.fr du 31 octobre, et l'Organisation internationale pour les migrations en comptait 3072 le 29 septembre.&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne dira jamais assez que de tels chiffres globaux sont calcul&#233;s d'apr&#232;s les informations disponibles (assez souvent contradictoires) sur les noyades et naufrages. Ceux dont il ne reste ni survivants ni t&#233;moignages disparaissent de l'histoire. Celui du 14 juillet (109 morts), par exemple, sur lequel portent t&#233;moignage les familles dans l'article p. 2, ne figure pas (ou sinon il y a erreur de date, 30 au lieu de 14) sur la liste du blog &lt;a href=&#034;http://fortresseurope.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;fortresseurope.blogspot.com/&lt;/a&gt; (en italien), la plus compl&#232;te en ligne (depuis 1988).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le jeune Africain qui quitte son village ou sa ville pour aller chercher du travail &#224; l'&#233;tranger, y est pouss&#233; souvent par sa famille, souvent par sa seule d&#233;termination, toujours par la mis&#232;re sociale et le manque de perspectives d'avenir dans ces r&#233;gions d&#233;laiss&#233;es de la p&#233;riph&#233;rie du monde capitaliste. Il est jeune et souvent tr&#232;s jeune (&#224; peu pr&#232;s un mineur sur trois migrants, d'apr&#232;s l'exp&#233;rience r&#233;cente de la Coordination de sans-papiers parisienne, CSP75), dans une compl&#232;te ignorance de ce qui l'attend, m&#234;me lorsqu'il vient d'une capitale et ville universitaire (comme nos deux &#233;tudiants en droit de Bamako, article p. 4). Pendant son voyage il est litt&#233;ralement spoli&#233; de tout, non seulement de son argent (souvent les &#233;conomies de toute une famille), mais m&#234;me de ses documents et titres pr&#233;cieusement gard&#233;s sur lui&#8230; &#171; Clandestin &#187;, un tel jeune d&#233;sarm&#233; en face d'&#233;preuves inimaginables ? Le d&#233;finir tel ne fait pas seulement offense &#224; sa personnelle et terrible exp&#233;rience d'entr&#233;e dans la vie, mais porte atteinte au plus simple bon sens et v&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;rale humaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Heureusement, il ne manque pas les migrants assez d&#233;brouillards pour se tirer d'affaire o&#249; qu'ils soient, quoique tout aussi jeunes et risquant de m&#234;me leurs vies (ainsi les trois Camerounais de l'article p. 8). Puis il y a ceux rejet&#233;s sur les c&#244;tes europ&#233;ennes contre leur gr&#233;, que seule la politique africaine de tel ou tel pays europ&#233;en chasse d'Afrique (ainsi les Maliens du collectif &#171; Baras &#187;, article p. 11).&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;cemment, douze journalistes europ&#233;ens ont men&#233; une enqu&#234;te en confrontant les donn&#233;es des sources majeures d'information. De 2000 &#224; 2013 y compris, ils ont compt&#233; 23598 morts en M&#233;diterran&#233;e, presque 1700 par an (&lt;a href=&#034;http://stories.dataninja.it/themigrantsfiles/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://stories.dataninja.it/themigrantsfiles/&lt;/a&gt; - en italien). Un chiffre qui justifie largement le sentiment des migrants subsahariens d'une guerre &#171; sans nom &#187; men&#233;e contre eux (articles p. 4 et 8). Or il faudrait y ajouter au moins les morts avant d'embarquer, de la main des passeurs ou des policiers, et ceux abandonn&#233;s en plein d&#233;sert.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les rescap&#233;s de la mer, que trouvent-ils &#224; l'approche de notre rive, ou une fois d&#233;barqu&#233;s sur le sol europ&#233;en ? L'agence FRONTEX. Les &#171; op&#233;rations &#187; (pour ne mentionner que &#231;a) nouvellement lanc&#233;es &#171; Triton &#187; et &#171; Mos maiorum &#187;. Et des polices d'&#201;tat toujours pr&#234;tes &#224; les repousser en violation de leurs propres r&#232;gles. Si ce n'est pas une guerre sociale, qu'est-ce que c'est ?... &#192; chaque cl&#244;ture rajout&#233;e &#224; leurs fronti&#232;res, les pays europ&#233;ens signent l'arr&#234;t de mort de milliers de personnes. Ce que subissent aujourd'hui les migrants &#171; sans papiers &#187; aura un jour sa place, pour les g&#233;n&#233;rations d'un monde sans fronti&#232;res, &#224; c&#244;t&#233; des deux crimes majeurs de la civilisation europ&#233;enne, la traite des esclaves et le colonialisme.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_2615 spip_documents spip_documents_center' style=&#034;max-width:64px;&#034; data-w=&#034;64&#034;&gt; &lt;a href='https://www.yannis.lehuede.org/IMG/pdf/2/f/4/vsp12.pdf' arial-label=&#034;Voix des Sans Papiers n&#176;12 (novembre 2014)&#034; title=&#034;Voix des Sans Papiers n&#176;12 (novembre 2014)&#034; type=&#034;application/pdf&#034;&gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:100%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.yannis.lehuede.org/local/cache-vignettes/L24xH24/rien-0c5e2.gif?1772077532' alt='Voix des Sans Papiers n&#176;12 (novembre 2014)' data-src='plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg' data-l='64' data-h='64' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;64&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;plugins\/auto\/image_responsive\/v11.3.0\/rien.gif&#034;,&#034;2&#034;:&#034;plugins\/auto\/image_responsive\/v11.3.0\/rien.gif&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;64&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;plugins\/auto\/image_responsive\/v11.3.0\/rien.gif&#034;,&#034;2&#034;:&#034;plugins\/auto\/image_responsive\/v11.3.0\/rien.gif&#034;}}' class='image_responsive' width='24' height='24' /&gt;&lt;/picture&gt;
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&lt;link href='https://www.yannis.lehuede.org/plugins/auto/image_responsive/v11.3.0/rien.gif' rel='attachment' property='url'&gt; &lt;/a&gt; &lt;figcaption class='spip_doc_intitules spip_doc_intitules_top'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Voix des Sans Papiers n&#176;12 (novembre 2014)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;a class=&#034;telecharger&#034; href='https://www.yannis.lehuede.org/IMG/pdf/2/f/4/vsp12.pdf'&gt;T&#233;l&#233;charger (2.1&#160;Mio)&lt;/a&gt; &lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SOMMAIRE :&lt;/strong&gt; Familles de BaFoulaB&#233;, mali : &lt;a href='https://www.yannis.lehuede.org/nous-comptons-nos-morts.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Nous comptons nos morts : assez, le trafic d'&#234;tres humains !&lt;/a&gt; &#8212; Anzoumane Sissoko, Csp75 : &lt;a href='https://www.yannis.lehuede.org/majorite-et-minorite-les-minorites.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;majorit&#233; et minorit&#233; : les minorit&#233;s y passent&lt;/a&gt; &#8212; &lt;a href='https://www.yannis.lehuede.org/l-etat-et-les-familles.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'&#201;tat et les familles&lt;/a&gt; &#8212; migrants sans-papiers maliens : &lt;a href='https://www.yannis.lehuede.org/une-guerre-qui-ne-dit-pas-son-nom.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Une guerre qui ne dit pas son nom&lt;/a&gt; &#8212; Jeunes maliens : &lt;a href='https://www.yannis.lehuede.org/l-or-ou-l-emigration-ont-ils-le.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'or ou l'&#233;migration, ont-ils le choix ?&lt;/a&gt; &#8212; Yene FaBien, Afrique survie migration : &lt;a href='https://www.yannis.lehuede.org/extrait-d-emission-radio.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;extrait d'emission radio&lt;/a&gt; &#8212; migrants sans-papiers Camerounais : &lt;a href='https://www.yannis.lehuede.org/c-est-la-guerre-aux-droits-de-l.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;C'est la guerre aux droits de l'homme et des gens&lt;/a&gt; &#8212; Patrice LumumBa : &lt;a href='https://www.yannis.lehuede.org/nous-avons-connu.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Nous avons connu... &#187;&lt;/a&gt; &#8212; sans-papiers maliens, les &#171; Baras &#187; : &lt;a href='https://www.yannis.lehuede.org/le-droit-des-papiers-n-est-pas-les.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le droit des papiers n'est pas les droits de l'homme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nous comptons nos morts</title>
		<link>https://www.yannis.lehuede.org/nous-comptons-nos-morts.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.yannis.lehuede.org/nous-comptons-nos-morts.html</guid>
		<dc:date>2014-11-12T21:47:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Sans-Papiers</dc:subject>
		<dc:subject>Mali &amp; Bamako</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Familles de Bafoulab&#233;, Mali &lt;br class='autobr' /&gt; Le 14 juillet dernier une embarcation de fortune, parmi tant d'autres, a naufrag&#233; au large des c&#244;tes de la Libye, emportant sa cargaison de vies humaines. &#192; son bord, 110 jeunes Maliens venant la plupart du cercle de Bafoulab&#233;, au sud-est de Kayes, &#224; l'ouest du Mali. Un seul rescap&#233;. &#171; Les m&#233;dias nationaux fran&#231;ais except&#233; RFI n'ont m&#234;me pas donn&#233; la nouvelle &#187;, dit Diaby. C'est un constat amer, dans la bouche de ce travailleur malien immigr&#233; en France en 1979. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.yannis.lehuede.org/-voix-des-sans-papiers-.html" rel="directory"&gt;voix des sans-papiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.yannis.lehuede.org/+-sans-papiers-+.html" rel="tag"&gt;Sans-Papiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.yannis.lehuede.org/+-mali-bamako-+.html" rel="tag"&gt;Mali &amp; Bamako&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Familles de Bafoulab&#233;, Mali&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 14 juillet dernier une embarcation de fortune, parmi tant d'autres, a naufrag&#233; au large des c&#244;tes de la Libye, emportant sa cargaison de vies humaines. &#192; son bord, 110 jeunes Maliens venant la plupart du cercle de Bafoulab&#233;, au sud-est de Kayes, &#224; l'ouest du Mali. Un seul rescap&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Les m&#233;dias nationaux fran&#231;ais except&#233; RFI n'ont m&#234;me pas donn&#233; la nouvelle &#187;&lt;/i&gt;, dit Diaby. C'est un constat amer, dans la bouche de ce travailleur malien immigr&#233; en France en 1979. Amer et &#233;difiant sur la qualit&#233; et la d&#233;ontologie de l'information faite en France sur les noy&#233;s de l'autre rive, ces milliers de &#171; morts de la mer &#187; que l'impudence l&#233;gale d'&#201;tat continue d'appeler des immigrants &#171; clandestins &#187;. Que l'on pense &#224; ce que les m&#233;dias nous auraient pass&#233; si l'inverse s'&#233;tait produit : si, d&#233;marr&#233;e de cette rive vers la rive africaine avec &#224; son bord 110 vaillants jeunes Fran&#231;ais, l'embarcation en avait emport&#233; 109 et qu'il n'en restait qu'un, un seul survivant &#224; moiti&#233; mort, pour en faire le r&#233;cit. Que l'on pense au flot d'&#171; &#233;missions sp&#233;ciales &#187;, &#224; coups d'&#171; experts &#187;, &#171; sp&#233;cialistes &#187; pour &#171; tout savoir &#187;&#8230; &#192; fort bon droit, dira-t-on. Sans aucun doute. Mais pourquoi, de gr&#226;ce, les 109 jeunes et vaillants Maliens morts de la sorte pour venir en France (personne en France n'ignore que les migrants maliens vers l'Europe viennent en France) n'y ont m&#234;me pas eu droit &#224; une br&#232;ve de nos actualit&#233;s ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; C'est que,&lt;/i&gt; r&#233;pond Sissoko, porte-parole de la Coordination parisienne de sans-papiers (CSP75), pr&#233;sent &#224; l'interview, &lt;i&gt;rien n'est plus normal que des n&#232;gres qui meurent. La mort d'un esclave n'est pas une nouvelle sauf si c'est utile &#224; son ma&#238;tre. Les Fran&#231;ais ont bien expliqu&#233; aux Italiens que leur op&#233;ration maritime de sauvetage de migrants ne sert pas les int&#233;r&#234;ts europ&#233;ens et fran&#231;ais, &#231;a fait &#034;appel d'air&#034;. Il faut donc que nos jeunes meurent, plus il y en a, mieux c'est ; il y en aura moins d'arriv&#233;s sur le sol fran&#231;ais. Que &#231;a se sache, il le faut, un peu, pas trop. Des gens pourraient finir par s'apitoyer sur notre sort, &#231;a pourrait co&#251;ter cher aux finances d'un &#201;tat et d'une soci&#233;t&#233; riches de l'exploitation des pays et des peuples d'Afrique, et puis aussi aux fortunes &#233;lectorales d'un tas de monde. Aujourd'hui on ne nous tue plus &#224; coups de fouet, d'un coup de mousqueton, ou la corde au cou, tout bonnement, comme dans le temps, c'est clair. C'est avec d'autres m&#233;thodes qu'on nous tue, on cr&#233;e les conditions pour qu'il y ait beaucoup de gens pour profiter m&#234;me de notre extr&#234;me mis&#232;re. O&#249; se trouve la vraie barbarie, aujourd'hui ? il faut se le demander : chez les tueurs aux mains sales, ou chez ces politiciens menteurs qui, en disant le contraire, en arborant cravate et mains propres, font tout pour que prolif&#232;re la masse des massacreurs potentiels ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s ce grand malheur qui les a frapp&#233;es, les familles maliennes originaires du cercle de Bafoulab&#233; et celles de la r&#233;gion parisienne se sont r&#233;unies. Diaby Bakou est leur repr&#233;sentant. &#201;coutons sa parole pos&#233;e, pr&#233;cise et triste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous avons appris la nouvelle par nos familles au Mali. Elles l'avaient apprise par le maire qui avait &#233;t&#233; appel&#233; par le passeur malien de Tripoli. Ce passeur a appel&#233; apr&#232;s seize jours, et nous avons cru que le naufrage avait eu lieu le 28. Mais ensuite on a su par le seul survivant que c'&#233;tait le 14. Plus de 80 victimes de notre cercle ; 24 de ma seule famille ; famille &#233;largie, au sens africain, r&#233;partie sur quatre villages. 19 Diaby, 2 Dram&#233;, 1 Sako, 1 Wane, 1 Keb&#233;. De ces 24, trois corps seulement ont &#233;t&#233; retrouv&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Tout le cercle est en deuil. Jamais un si grand malheur n'y &#233;tait arriv&#233;. Un tel nombre de jeunes, l'espoir des familles, perdus d'un seul coup ! Nous les parents de France on savait qu'ils allaient arriver, mais aucun ne savait par quel moyen, nous &#233;tions loin d'imaginer des conditions si terribles. Nous avons recueilli des renseignements, depuis : tout y est terrible.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le voyage est pay&#233; le plus souvent par les familles en Europe ; le prix minimum est prohibitif pour la pauvret&#233; qui r&#232;gne au pays, il d&#233;passe le million de francs CFA. Mais il y a aussi des jeunes qui d&#233;cident tout seuls de partir, sans rien dire. Ils en ont marre de rester l&#224; et d'&#234;tre des pauvres d&#233;munis de tout, incapables d'aider leurs familles ; ils esp&#232;rent une vie meilleure. Ils partent sans le sou ou presque, ils s'arr&#234;tent &#224; chaque &#233;tape, ils se font surexploiter pour gagner assez jusqu'&#224; l'&#233;tape suivante. Tous, les uns comme les autres, vont d'abord &#224; Bamako. C'est l&#224; qu'il y a les vrais passeurs, les &#034;coxeurs&#034; qui se chargent du transport, ceux qu'il faut payer. Tout le monde sait &#231;a, les jeunes en parlent entre eux ou quand leurs copains partis avant les appellent au t&#233;l&#233;phone ; et il y a aussi le bouche-&#224;-oreille.&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; De Bamako &#224; Tripoli, ils voyagent s&#233;par&#233;ment ; c'est-&#224;-dire qu'&#224; Gao ou Agadez, selon la route emprunt&#233;e, des convois sont form&#233;s avec des gens de nationalit&#233; diff&#233;rente qui ne se connaissent pas, faciles &#224; manier. Puis &#224; Tripoli, les jeunes sont souvent plac&#233;s dans des foyers de Subsahariens d'o&#249; ils ne sortent pratiquement pas ; en ville les Libyens sont rudes, les maltraitent souvent. C'est au moment d'embarquer qu'ils en sortent ; impossible alors de revenir en arri&#232;re, c'est la mer.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; On a un seul t&#233;moignage, celui du survivant. &#192; la mi-ao&#251;t je l'ai eu au t&#233;l&#233;phone. Il restait sous le choc, il avait du mal &#224; parler. Une fois partis, trois ou quatre heures apr&#232;s, le bateau (un grand canot gonflable) a commenc&#233; &#224; se pencher du c&#244;t&#233; de la poupe, des gens sont tomb&#233;s &#224; l'eau. Les autres doivent avoir suivi, le canot s'&#234;tre d&#233;gonfl&#233;, je suppose. Le jeune ne me l'a pas dit, je n'entendais plus sa voix. Quand il a pu reparler, il m'a dit qu'il s'est accroch&#233; &#224; une planche qui a &#233;chou&#233; sur la plage, des Libyens l'ont secouru. Les t&#233;moignages d'autres migrants m'ont appris que ces canots sont pr&#233;par&#233;s &#224; la h&#226;te, avec des planches de bois. Ils ne sont pas faits pour naviguer, juste pour s'&#233;loigner du rivage, assez pour &#234;tre aper&#231;us par la marine italienne. Du coup &#231;a se perd facilement en mer. Avant d'embarquer, les passeurs d&#233;pouillent les migrants de tout, passeports, actes de naissance, tout, et aussi les ceintures et les portables et tout l'argent qu'ils ont sur eux. Ils nomment une personne et lui expliquent comment s'orienter &#224; l'aide d'une boussole ou d'un GPS, puis ils les poussent, les abandonnent &#224; la mer.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Depuis de nombreuses ann&#233;es les familles des Maliens de France demandent &#224; l'&#201;tat malien que le d&#233;veloppement &#233;conomique et social des r&#233;gions les plus pauvres devienne une priorit&#233; nationale. Jamais rien n'a &#233;t&#233; fait. C'est de ces r&#233;gions que viennent la plupart des jeunes qui &#233;migrent. Cette trag&#233;die qui a frapp&#233; maintenant notre cercle et le pays tout entier nous fait demander que le d&#233;veloppement des r&#233;gions pauvres devienne la grande cause nationale malienne, seul moyen de stopper la saign&#233;e des forces vives du pays. C'est au gouvernement de trouver les moyens, c'est pour cela que le peuple les a &#233;lus. &#192; la r&#233;union des familles avec les sages, le 14 septembre &#224; Bagnolet, il y avait aussi deux repr&#233;sentants du gouvernement. Le vice-consul et le repr&#233;sentant du ministre des Maliens de l'ext&#233;rieur ont dit des choses que les familles partagent. Mais nous en avons assez de beaux mots, il nous faut des actes, des faits concrets.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous n'avions jamais soup&#231;onn&#233; la dangerosit&#233; de cette travers&#233;e. Nous savions que nos jeunes prenaient &#034;le bateau&#034;, sans plus. On pensait &#224; un bateau normal. Nous savons maintenant que ce n'est pas du tout &#231;a. Aux &#201;tats, nous demandons de faire cesser ce trafic d'&#234;tres humains. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Majorit&#233; et minorit&#233; : les minorit&#233;s y passent</title>
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		<dc:subject>Sans-Papiers</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous avons men&#233; notre enqu&#234;te aupr&#232;s des familles &#224; Paris, &#224; Bamako, aux villages. Il appara&#238;t que si ce naufrage a eu lieu [voir article p. 2], c'est &#224; cause des m&#233;thodes de la fili&#232;re des passeurs. Un des responsables est originaire de S&#233;link&#233;gny, cercle de Bafoulab&#233;. Il avait un correspondant passeur malien en Libye, charg&#233; de prendre les &#171; clients &#187; &#224; Bamako, &#224; Gao. Apr&#232;s le d&#233;sert (soit par le Niger soit par l'Alg&#233;rie), ils travaillent avec les passeurs libyens qui font construire &#224; peu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous avons men&#233; notre enqu&#234;te aupr&#232;s des familles &#224; Paris, &#224; Bamako, aux villages. Il appara&#238;t que si ce naufrage a eu lieu &lt;i&gt;&lt;a href='https://www.yannis.lehuede.org/frenchrevolution-l-acampada-de-paris-assemblee.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;[voir article p. 2]&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, c'est &#224; cause des m&#233;thodes de la fili&#232;re des passeurs. Un des responsables est originaire de S&#233;link&#233;gny, cercle de Bafoulab&#233;. Il avait un correspondant passeur malien en Libye, charg&#233; de prendre les &#171; clients &#187; &#224; Bamako, &#224; Gao. Apr&#232;s le d&#233;sert (soit par le Niger soit par l'Alg&#233;rie), ils travaillent avec les passeurs libyens qui font construire &#224; peu de frais des barques destin&#233;es &#224; dispara&#238;tre en mer. Tout ce qu'ils perdent, eux, c'est les moteurs. Comment s'y prennent-ils ? Ce qui suit pourra sembler une histoire &#224; dormir debout, mais c'est ce qu'ils font. De vrais criminels assassins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand ils embarquent des gens, il y a une majorit&#233;, par exemple malienne, et des minorit&#233;s, par exemple s&#233;n&#233;galaise ou mauritanienne, etc. Les passeurs savent qu'au large &#231;a devient impossible de continuer sur de telles barques surcharg&#233;es, et ils conseillent les gens de la majorit&#233;, quand il semble probable que le bateau va couler, de diminuer la charge, le nombre de personnes, sinon de toute fa&#231;on tout le monde va y passer, c'est in&#233;vitable. Il vaut mieux limiter les d&#233;g&#226;ts. Alors la majorit&#233; qui est dans le bateau jette les minorit&#233;s par-dessus bord. Souvent, ceux qui en savent quelque chose le remarquent &#224; l'arriv&#233;e : les minorit&#233;s n'arrivent pas en Italie. Si la majorit&#233; est s&#233;n&#233;galaise, un certain point une fois atteint, la minorit&#233; malienne dispara&#238;t dans les eaux, et vice-versa.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette fois, que s'est-il pass&#233; exactement ? Ils ont mis dans le m&#234;me bateau des gens qui venaient de la m&#234;me r&#233;gion, de la m&#234;me commune, il n'y avait pas de majorit&#233; et de minorit&#233;. Au moment donn&#233;, si le bateau va couler, c'est pour tout le monde. Car tout le monde se conna&#238;t, pas question de jeter X ou Y par-dessus bord. C'est ce qui s'est pass&#233;, ils &#233;taient tous condamn&#233;s &#224; attendre la mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le bateau, il faut le souligner, pour se faire une id&#233;e assez claire du tableau d'ensemble, est parti le 14 juillet des c&#244;tes libyennes. Normalement &#231;a dure entre deux et quatre jours. Le 20 il n'y a toujours pas de nouvelles, des familles commencent &#224; s'inqui&#233;ter. Elles appellent un peu partout. Le passeur malien qui est en Libye sait que le bateau a coul&#233; mais il ne dit rien. Il y a 80 autres candidats qui attendent, il ne veut pas perdre ce march&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'&#201;tat et les familles</title>
		<link>https://www.yannis.lehuede.org/l-etat-et-les-familles.html</link>
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		<dc:subject>Sans-Papiers</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le 14 septembre, pour comm&#233;morer les 109 morts par noyade du 14 juillet, et pour d&#233;battre des moyens de pr&#233;venir de tels drames, se sont r&#233;unies &#224; Bagnolet avec les sages les familles maliennes de la r&#233;gion parisienne. &#201;tait pr&#233;sent, comme repr&#233;sentant du gouvernement malien, le vice-consul, et il est intervenu deux fois : d'abord pour affirmer, ensuite pour nier, que le gouvernement vise &#224; &#171; lutter contre ce ph&#233;nom&#232;ne &#187; (de &#171; l'&#233;migration clandestine &#187;) en faveur de la seule &#171; &#233;migration (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 14 septembre, pour comm&#233;morer les 109 morts par noyade du 14 juillet, et pour d&#233;battre des moyens de pr&#233;venir de tels drames, se sont r&#233;unies &#224; Bagnolet avec les sages les familles maliennes de la r&#233;gion parisienne. &#201;tait pr&#233;sent, comme repr&#233;sentant du gouvernement malien, le vice-consul, et il est intervenu deux fois : d'abord pour affirmer, ensuite pour nier, que le gouvernement vise &#224; &lt;i&gt;&#171; lutter contre ce ph&#233;nom&#232;ne &#187;&lt;/i&gt; (de &lt;i&gt;&#171; l'&#233;migration clandestine &#187;&lt;/i&gt;) en faveur de la seule &lt;i&gt;&#171; &#233;migration l&#233;gale &#187;&lt;/i&gt;. Une fois les d&#233;bats clos, et l'assistance d&#233;j&#224; en train de partir, voil&#224; que s'am&#232;ne d'un pas ferme un homme bien b&#226;ti, bien portant, bien mis, la quarantaine &#224; peu pr&#232;s, entour&#233; de deux autres plus jeunes mais tout aussi en costard et costauds. C'&#233;tait le r&#233;pr&#233;sentant du ministre des Maliens de l'ext&#233;rieur venu pour dire : que &lt;i&gt;&#171; le gouvernement a mis en place un syst&#232;me pour rapatrier ceux qui prennent la route du d&#233;sert &#187;&lt;/i&gt;, mais que, vu l'insuffisance des &lt;i&gt;&#171; moyens &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; il est difficile de r&#233;cup&#233;rer &#187;&lt;/i&gt; tous ces gens, enfin que &lt;i&gt;&#171; les enfants de douze ans qu'on envoie dans le d&#233;sert, c'est insupportable &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; c'est criminel &#187;&lt;/i&gt;, donc &lt;i&gt;&#171; le gouvernement doit avoir les moyens de poursuivre les parents &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques minutes plus tard, alors qu'&#224; quatre on s'affairait autour d'un sage tomb&#233; dans le raide escalier en pi&#232;tre &#233;tat menant &#224; l'immeuble de la salle pr&#234;t&#233;e par la mairie (bless&#233; &#224; la figure, &#224; la t&#234;te, septuag&#233;naire&#8230; et les pompiers, puis un m&#233;decin, qui rechignent &#224; venir, c'est dimanche), voil&#224; les trois costumes-cravates au pas &#233;lastique descendre &#224; leur tour le large escalier. Celui du milieu, qui tout &#224; l'heure r&#233;pondait aux demandes de d&#233;veloppement des r&#233;gions pauvres du Mali par la criminalisation de l'extr&#234;me pauvret&#233; des familles, jette &#224; peine un regard distrait sur le vieillard chenu &#233;tendu &#224; terre et sans un geste d'h&#233;sitation passe son chemin avec son escorte. Plus que le vice-consul, ce beau monsieur gouvernemental est la photocopie de ce qu'est l'&#201;tat export&#233; en Afrique et notamment au Mali.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais avant d'en dire un mot, ces quelques paroles dites &#224; la r&#233;union, qui ne m&#233;ritent pas de s'envoler dans l'oubli : &lt;i&gt;&#171; Au Mali, on a fait acceptable l'inacceptable&#8230; Les trafiquants, tout le monde les conna&#238;t&#8230; Quelle famille peut dire je n'ai rien perdu : aucune !&#8230; Le Malien a peur de la prison ; &#231;a, c'est sa dignit&#233;&lt;/i&gt; [une raison de suicide des migrants]&#8230; &lt;i&gt;Des milliers de gens ! ceux qui sont en Libye, ceux qui sont en attente de la mort !&#8230; &#187; &lt;/i&gt; Et une femme : &#171; &lt;i&gt;Plus jamais &#231;a ! morts pour rien !... C'&#233;tait lui mon espoir, et il est mort ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;tat est une institution moderne. Sa notion, en tant qu'objet de pens&#233;e, n'a pas plus de cinq si&#232;cles, le mot m&#234;me, en son sens propre, n'existait pas auparavant. Les premiers observateurs de l'&#201;tat l'ont vu surgir des &#171; guerres de religion &#187; (des chr&#233;tiens europ&#233;ens entre eux) et des guerres sociales les plus acharn&#233;es, de la criminalisation f&#233;roce des masses pauvres, au cours de l'appauvrissement g&#233;n&#233;ral, devenu end&#233;mique, des populations (comparable &#224; celui des paysanneries africaines de nos jours). On peut r&#233;sumer en trois phrases simples ce que ces observateurs en ont retenu. Impossible de gouverner sans mensonge et sans crime, seul l'&#201;tat peut gouverner la soci&#233;t&#233;. Il lui est essentiel, il &#233;vite la guerre civile permanente par l'appropriation de la violence, dont il fait son exclusivit&#233;. Par ses lois il cr&#233;e le droit de propri&#233;t&#233; et la classe des propri&#233;taires, il les garantit dans leur droit par le respect des lois impos&#233; &#224; tout le monde par sa puissance arm&#233;e unique.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;tat n'est jamais abstrait, m&#234;me quand il para&#238;t le contraire : une entit&#233; distante insaisissable. Il se compose d'un grand nombre d'hommes dont les vies d&#233;pendent, directement ou indirectement, de lui, tels ses fonctionnaires ou les propri&#233;taires. N&#233; de la division des hommes, c'est l&#224; sa substance. L'entretenir, la garantir, &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur des fronti&#232;res, c'est sa raison d'&#234;tre. Riches et pauvres, bourgeois et prol&#233;taires, citoyens et &#171; &#233;trangers &#187;&#8230; toujours une partie de la population vit aux d&#233;pens de l'autre, gr&#226;ce &#224; la force arm&#233;e de l'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des pays europ&#233;ens ont paru, &#224; un moment donn&#233;, s'&#233;carter de ce mod&#232;le, cela fut le fruit de circonstances uniques dans l'histoire. Arm&#233;s du sens imm&#233;diat de la transformation de la production sociale et politique en cours, forts de la sup&#233;riorit&#233; technique des armes que l'&#233;tat de guerre permanente leur avait forg&#233;es, ces pays se sont lanc&#233;s &#224; la conqu&#234;te du monde d'une mani&#232;re jusque-l&#224; in&#233;dite. Par la traite des esclaves ils ont accumul&#233; les richesses du grand bond en avant capitaliste ; par le grand pillage colonialiste ils ont achet&#233; la paix sociale int&#233;rieure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, le reste du monde n'est plus un espace &#171; vide et sauvage &#187; &#224; la disposition du premier venu. L'&#171; &#201;tat-nation &#187; est un mort vivant ; m&#234;me l&#224; o&#249; il a vu le jour il co&#251;te beaucoup trop cher &#224; tenir en vie. Pourquoi cet anachronisme de vouloir l'imposer partout en mod&#232;le d'organisation de la modernit&#233; ? Le pillage des richesses ne fait aucun doute ; mais il faut sortir des sch&#233;mas re&#231;us. Par le nombre de ses jeunes volontaires et entreprenants comme par ses richesses, l'Afrique fait peur. Son essor peut &#233;branler les &#233;quilibres &#233;tablis, emprunter des voies inconnues. L'Afrique n'est pas encore tout &#224; fait acquise au monde capitaliste tel qu'il est.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une guerre qui ne dit pas son nom</title>
		<link>https://www.yannis.lehuede.org/une-guerre-qui-ne-dit-pas-son-nom.html</link>
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		<dc:date>2014-11-12T21:44:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Sans-Papiers</dc:subject>
		<dc:subject>Mali &amp; Bamako</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Djibril et Lamine, jeunes fr&#232;res sans-papiers, natifs de Bamako, ex-&#233;tudiants en droit, sont arriv&#233;s en France depuis peu. Partis respectivement en f&#233;vrier et en mars derniers, ils ont pris, parcours oblig&#233; pour tant de migrants subsahariens plus ou moins d&#233;sargent&#233;s, la route du d&#233;sert en passant par la Libye, puis la M&#233;diterran&#233;e et l'Italie. &#171; D'abord, au Mali, depuis le d&#233;but de la guerre dans le nord, l'universit&#233; est en crise permanente : gr&#232;ves illimit&#233;es des professeurs sans paye, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Djibril et Lamine, jeunes fr&#232;res sans-papiers, natifs de Bamako, ex-&#233;tudiants en droit, sont arriv&#233;s en France depuis peu. Partis respectivement en f&#233;vrier et en mars derniers, ils ont pris, parcours oblig&#233; pour tant de migrants subsahariens plus ou moins d&#233;sargent&#233;s, la route du d&#233;sert en passant par la Libye, puis la M&#233;diterran&#233;e et l'Italie.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; D'abord, au Mali, depuis le d&#233;but de la guerre dans le nord, l'universit&#233; est en crise permanente : gr&#232;ves illimit&#233;es des professeurs sans paye, gr&#232;ves illimit&#233;es des &#233;tudiants pour leurs droits. Aux revendications traditionnelles (avant tout les bourses, sans bourses les &#233;tudiants des familles modestes ne peuvent pas poursuivre leurs &#233;tudes) s'ajoute aujourd'hui celle du droit &#224; des cours r&#233;guliers, sans ann&#233;es blanches : &#231;a a &#233;t&#233; le cas en 2012, et &#231;a a risqu&#233; de l'&#234;tre aussi en 2013.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Puis il y a le fait que les titres publics maliens ne servent pas &#224; grand-chose, le nombre des places est tr&#232;s limit&#233;, et sans relations tu n'as aucune chance de trouver un emploi. Les bons boulots sont r&#233;serv&#233;s aux enfants des riches, qui ont des dipl&#244;mes &#233;trangers. M&#234;me les facs priv&#233;es, &#224; part qu'elles sont ch&#232;res et r&#233;serv&#233;es aux &#233;lites, leurs titres ne sont pas aussi comp&#233;titifs sur le march&#233; du travail que les titres fran&#231;ais. Nous avons tous les deux adress&#233; &#224; des universit&#233;s fran&#231;aises nos dossiers pour venir &#233;tudier en France : r&#233;ponses n&#233;gatives, sans m&#234;me nous dire le motif. Tant qu'&#224; perdre encore des ann&#233;es pour rien, apr&#232;s deux ans de tentatives vaines, nous avons d&#233;cid&#233; : venir ici voir si on trouve du travail, et, qui sait, avec un peu de chance, m&#234;me poursuivre nos &#233;tudes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;cision de tenter l'aventure a &#233;t&#233; prise d'un commun accord. D'abord est parti Djibril plus &#226;g&#233; (21 ans), ensuite Lamine, de deux ans plus jeune :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; J'&#233;tais le seul de la famille &#224; savoir du d&#233;part de mon grand fr&#232;re. Nous &#233;tions d'accord : si tout se passait bien, il m'appellerait d'Italie et je partirais &#224; mon tour. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Par de petits boulots, notamment dans le b&#226;timent (Djibril aussi dans l'h&#244;tellerie et, vraie chance, dans des spots de pub pour la t&#233;l&#233;), les deux fr&#232;res ont &#233;pargn&#233; pendant deux ans et pu payer aux passeurs maliens le prix (tout compris, et fix&#233; &#171; &#224; la t&#234;te du client &#187;) de Bamako jusqu'aux c&#244;tes italiennes : Djibril un million 150 mille francs CFA (environ 1750 euros), et Lamine un million 50 mille, de grosses sommes pour de jeunes Bamakois. En M&#233;diterran&#233;e, ils ont trouv&#233; du beau temps et la mer plate, aussi peuvent-ils apporter aujourd'hui leur t&#233;moignage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Djibril.&lt;/strong&gt; Je ne suis pas pass&#233; par le nord du Mali &#224; cause de la guerre. Je suis pass&#233; par le Burkina et le Niger. En bus jusqu'&#224; Agadez, presque 2500 km : un voyage extr&#234;mement fatigant. Les bus se relayaient, les policiers nous arr&#234;taient le long des routes, et il fallait &#224; chaque fois payer la &#171; taxe &#187; : ou tu payes ou on t'am&#232;ne au poste, et tu paieras quand m&#234;me. Mais entre-temps tu auras perdu ton bus.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Agadez, j'ai rejoint un convoi de cinquante migrants et nous voil&#224; partis sur deux pick-up pour une course folle &#224; travers le d&#233;sert : deux jours et deux nuits pour faire pr&#232;s de 1400 km de pistes jusqu'&#224; la ville de Gatrun en Libye. Pour tenir &#224; 25 dans une de ces voitures, il y a une disposition en rangs serr&#233;s &#224; respecter, et d&#232;s que tu as pris place assis sur le bord de l'arri&#232;re, les jambes pendant &#224; l'ext&#233;rieur, les mains accroch&#233;es &#224; la barre de fer pour ne pas tomber dehors, coll&#233; &#224; des gars &#224; droite &#224; gauche, et avec au dos les autres se tenant debout tass&#233;s comme des sardines, tu ne peux absolument plus bouger. Les chauffeurs conduisent &#224; toute vitesse risquant &#224; tout moment de capoter, surtout dans les descentes des dunes, mais si c'est toi qui bouges, pris de crampes et de douleurs aux jambes, aux bras, partout, alors tu fais bouger tout le rang et tu compromets &#171; la stabilit&#233; &#187; : ils s'arr&#234;tent, ils descendent, te frappent &#224; coups de b&#226;tons, te menacent de mort avec un pistolet &#171; si tu bouges encore &#187;. Nos deux chauffeurs (un par voiture) &#233;taient de v&#233;ritables fous, superarm&#233;s : kalachnikov et tout. De surcro&#238;t rien &#224; manger, rien &#224; boire, impossible de faire ses besoins sauf s'ils s'arr&#234;taient un moment &#224; leur fantaisie. Il fallait alors rester sur le qui-vive, si tu te laissais aller &#224; la fatigue tu risquais d'&#234;tre abandonn&#233; en plein d&#233;sert, car ils red&#233;marraient tout &#224; coup sans pr&#233;venir personne. Il faut y &#234;tre pass&#233;, pour savoir ce qu'est un tel voyage.&lt;br class='autobr' /&gt;
On a chang&#233; de voitures et de chauffeurs &#224; moiti&#233; route, &#224; Dirkou, bourg plein de soldats. On a &#233;t&#233; contr&#244;l&#233;s, fouill&#233;s, &#171; tax&#233;s &#187; comme par les policiers nig&#233;rians, alors on a pu repartir. Apr&#232;s, pour passer la fronti&#232;re, on a encore pay&#233; vingt dinars par t&#234;te aux soldats libyens. &#192; Gatrun les chauffeurs ont disparu pour repara&#238;tre deux jours plus tard et nous annoncer que nous avions &#224; payer chacun trente dinars jusqu'&#224; Sebha. Nous avions d&#233;j&#224; pay&#233; &#224; Bamako pour cette destination, et, apr&#232;s les &#171; taxes &#187; aux policiers et aux soldats, personne n'avait plus rien ou presque. Ils nous ont amen&#233;s &#224; la &#171; maison de paye &#187; : dans l'attente que nos familles paient pour nous. J'ai appel&#233; la mienne, le passeur de Bamako a &#233;t&#233; pay&#233; et a appel&#233; que c'&#233;tait bon. J'ai &#233;t&#233; amen&#233; &#224; Sebha apr&#232;s quatre jours de s&#233;questration ; j'ignore ce qu'il est advenu des autres. Tous les migrants que j'ai crois&#233;s dans le d&#233;sert &#233;taient de pauvres gens partis &#224; l'aventure comme moi, personne ne savait ce qui nous attendait l&#224; et puis en mer. &#192; Bamako on m'avait dit qu'en Libye il y avait eu des morts, mais je suis parti quand m&#234;me. Des amis &#224; moi &#233;taient bien pass&#233;s, ils n'avaient pas &#233;t&#233; tu&#233;s. Tout jeune Africain vous le dira : m&#234;me quand on te tire dessus, on peut toujours te manquer.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Sebha, j'ai pass&#233; une nuit dans une sorte de foyer nig&#233;rien o&#249; il y avait plein de monde, m&#234;me des petits enfants. Tout le monde enferm&#233;. Avec d'autres j'&#233;tais dans la cour. Et rien de pr&#233;vu pour manger. Heureusement j'avais achet&#233; des baguettes en arrivant en ville. On m'avait dit qu'il fallait de trois &#224; cinq jours pour Tripoli : vu l'exp&#233;rience pr&#233;c&#233;dente, je voulais avoir quelque chose &#224; mettre sous la dent pendant le voyage. Au r&#233;veil, mon sac &#233;tait vide : des gens affam&#233;s s'&#233;taient servis. Au petit matin, pour sortir de la ville nous &#233;tions une dizaine dans un pick-up : une rang&#233;e couch&#233;e sur le c&#244;t&#233;, et une deuxi&#232;me sur la premi&#232;re, de sorte &#224; nous cacher aux regards. On nous a fait descendre dans une ferme loin de la ville, on ne l'apercevait m&#234;me plus. Deux autres pick-up sont venus, avec des gars couch&#233;s pareil, et ils sont repartis. Puis deux autres, chacun avec une dizaine de personnes. C'est sur ces deux-l&#224; qu'on nous a fait monter. Mais avant, les quatre chauffeurs arm&#233;s nous ont fait jeter nos sacs sans nous donner d'explication (on ne t'explique jamais, on te commande, tu ob&#233;is et c'est tout), et nous voil&#224; partis pour Tripoli, d&#233;pouill&#233;s de tout (sauf nos documents, ceux qui ne les avaient pas laiss&#233;s dans les sacs), et dispos&#233;s de m&#234;me qu'au Niger, mais dans des pick-up plus petits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier jour a &#233;t&#233; le plus dur. Pour rien au monde je ne voudrais en refaire l'exp&#233;rience. Les chauffeurs &#233;taient encore plus fous qu'au Niger. Debout, ballot&#233; dans tous les sens, mes &#233;paules et mes bras cognant sans arr&#234;t contre ceux des gars &#224; mes c&#244;t&#233;s, je serrais la barre de fer avec la force du d&#233;sespoir. Sans manger et sans boire, apr&#232;s quelques heures j'&#233;tais si ext&#233;nu&#233; que je me sentais d&#233;faillir, j'&#233;tais tent&#233; de l&#226;cher prise : ainsi ce serait fini ! mieux renoncer et mourir. Je ne sais pas comment j'ai tenu bon. Finalement vers le milieu de l'apr&#232;s-midi on est arriv&#233;s &#224; une route goudronn&#233;e o&#249; deux autres pick-up nous attendaient. On est repartis aussit&#244;t. Personne n'a donn&#233; &#224; boire aux b&#234;tes &#233;puis&#233;es et assoiff&#233;es que nous &#233;tions.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait la route pour Tripoli. Mais nous l'avons bien vite quitt&#233;e, on apercevait au loin un barrage de la police. Mais voil&#224; que derri&#232;re nous un camion s'est mis &#224; klaxonner pour signaler notre pr&#233;sence et notre tentative de fuite. Un pick-up arm&#233; d'une mitrailleuse s'est alors d&#233;tach&#233; du barrage et a commenc&#233; &#224; nous poursuivre sur le sable, les policiers hurlaient de nous arr&#234;ter, mena&#231;ant de tirer, mais nos deux pick-up fon&#231;aient &#224; toute allure, nous &#233;tions morts de peur. Quand les policiers ont r&#233;ussi &#224; nous couper la route, nous nous attendions au pire. Nos chauffeurs sont descendus et leur ont parl&#233;. L'affaire a &#233;t&#233; tr&#232;s vite r&#233;gl&#233;e. Je n'ai pas vu s'ils ont re&#231;u de l'argent, mais nous sommes repartis et les policiers aussi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cr&#233;puscule, nous sommes descendus dans un village o&#249; nous avons pu boire. On nous a apport&#233; des p&#226;tes, de l'huile, de quoi cuire un repas. Nous &#233;tions sous une esp&#232;ce de tente &#224; l'air inhabit&#233;e. Plus tard pourtant deux Maliens et deux S&#233;n&#233;galais sont arriv&#233;s, c'&#233;tait leur tente. Ils avaient &#233;t&#233; abandonn&#233;s par leur passeur. Ils l'avaient pay&#233; pour aller de Sebha &#224; Tripoli mais, arriv&#233;s dans ce village, il s'&#233;tait barr&#233;. Ils &#233;taient l&#224; depuis un mois, sans argent et cherchant du travail. Depuis, ils travaillaient en effet : pour un Libyen qui refusait de les payer et les tenait sous la menace de ses armes et de les d&#233;noncer s'ils s'enfuyaient. Le lendemain matin nous sommes partis les laissant sur place, ils n'avaient pas l'argent pour se joindre &#224; nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avions de nouveau chang&#233; de pick-up et de chauffeurs, et &#224; partir de l&#224; ces changements ont &#233;t&#233; nombreux. Alors qu'on souffrait toujours de la soif et de la faim, cela nous a retard&#233;s beaucoup : dix jours en tout entre Sebha et Tripoli, moins de 800 km de route normale, mais nous avons emprunt&#233; tous les d&#233;tours possibles et imaginables. Une partie de la premi&#232;re nuit nous l'avons pass&#233;e assis sur une b&#226;che sous la pluie, armes braqu&#233;es sur nous, avant de reprendre la route. Les pick-up avaient une b&#226;che cette fois, mais cet abri n'a pas rendu le trajet moins dur. Oblig&#233;s de rester assis et tass&#233;s dans un espace encore plus restreint, on ne pouvait pas bouger, tout le monde avait tr&#232;s mal aux jambes.&lt;br class='autobr' /&gt;
On nous annonce Tripoli !... Et on nous fait descendre dans une esp&#232;ce de ferme si isol&#233;e qu'on ne voyait alentour aucune maison. Mais nous n'&#233;tions, nous a-t-on dit, qu'&#224; 80 km de la capitale. Il y avait l&#224; beaucoup de monde, entre deux ou trois cents personnes au moins. Sans toilettes, juste de l'eau en bidons pour nous d&#233;salt&#233;rer. On &#233;tait tous sous cl&#233; dans des espaces extr&#234;mement r&#233;duits. Un gardien nous a vendu des biscuits, on a pu grignoter. On attendait l&#224; d'aller en taxi chez le passeur en ville. En taxi pour passer inaper&#231;us. &#192; bord on te fait tenir la t&#234;te repli&#233;e sur tes genoux, et j'ai entendu dire qu'ils mettent des gens m&#234;me dans les coffres.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Tripoli, je n'ai pas &#233;t&#233; comme d'autres dans un foyer. On m'a dit que ces foyers sont des endroits dangereux, surpeupl&#233;s. Les Libyens viennent faire du mal aux personnes, les voler, les kidnapper pour les faire travailler gratuitement, les Subsahariens n'ayant pas la possibilit&#233; d'aller se plaindre &#224; qui que ce soit. Le passeur m'a mis dans une chambre toute petite o&#249; j'&#233;tais seul. Puis d'autres sont arriv&#233;s, nous &#233;tions cinq dans l'attente d'embarquer. Il y avait de l'eau courante, les toilettes, de quoi pr&#233;parer &#224; manger, mais c'&#233;tait l'hiver, on tremblait de froid. Au bout de trois jours on nous a amen&#233;s ailleurs, et une semaine apr&#232;s dans une villa abandonn&#233;e &#224; un jour de route de la ville. Peu apr&#232;s, nous revoil&#224; en chemin : je dis bien en chemin, car nous avons gagn&#233; &#224; pied une maison &#233;trange d&#233;pourvue tout &#224; fait de portes, on est entr&#233;s en passant par les fen&#234;tres. Deux jours apr&#232;s d'autres sont arriv&#233;s, nous &#233;tions 102 en tout : le convoi qui devait embarquer. Cette maison, j'y ai pass&#233; neuf jours. Quand j'y pense, &#231;a me soul&#232;ve le c&#339;ur encore aujourd'hui. Auparavant, je croyais avoir touch&#233; le fond du d&#233;go&#251;t, mais l&#224;, rien que l'odeur, c'&#233;tait quelque chose d'&#233;pouvantable. Les passeurs en partant fermaient les fen&#234;tres de l'ext&#233;rieur, et il y avait en plus une forte odeur de gaz et de chiottes bouch&#233;es, des gens &#233;taient malades et vomissaient. Quand quatre gars ont r&#233;ussi &#224; s'enfuir, cela a &#233;t&#233; encore pire, les passeurs ont condamn&#233; toutes les fen&#234;tres en les bloquant avec des crochets. J'&#233;tais si d&#233;go&#251;t&#233; que j'avais perdu tout go&#251;t de la vie, tout espoir et toute force morale, je ne voulais plus continuer. Vrai, je ne d&#233;sirais que rentrer chez moi au Mali, mais comment ? Quand tu es dans les mains des passeurs, tu n'es plus un homme, tu es leur chose. Ils font de toi ce qu'ils veulent. C'&#233;taient mes pens&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le jour apr&#232;s la pose des crochets, nous avons dit aux passeurs : &#231;a suffit comme &#231;a, ou bien on embarque ou bien on va tout casser. Ils ont r&#233;pondu d'accord, on y va demain. Le matin suivant nous voil&#224; d&#233;barqu&#233;s dans une autre villa abandonn&#233;e, mais seuls y &#233;taient ceux &#171; en r&#232;gle &#187;, ceux pour qui les passeurs pr&#233;c&#233;dents avaient r&#233;gl&#233; aux passeurs de la mer les sommes convenues. Dix gars &#233;taient rest&#233;s l&#224;-bas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette fois la villa &#233;tait au bord de la mer. Cette vue (c'&#233;tait la premi&#232;re fois de ma vie), &#231;a m'a fait vraiment quelque chose. L'infini des eaux et celui du ciel, la lumi&#232;re diff&#233;rente, l'odeur diff&#233;rente, un autre monde&#8230; En voyant cette mer, j'ai senti mon courage revenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis j'ai vu sur la plage des gens occup&#233;s &#224; construire les bateaux pour migrants, notre bateau. En les voyant, en voyant ces fr&#234;les embarcations &#233;quip&#233;es de moteurs hors-bord, tout ce qu'il y a de plus loin de l'id&#233;e qu'on peut se faire d'un bateau de passagers, en les comparant &#224; l'immensit&#233; de l'&#233;tendue d'eau devant moi, j'ai senti mon courage de nouveau s'en aller. Quelle folie !... si j'avais su !... Avant mon d&#233;part de Bamako, en parlant avec d'autres aspirants migrants, j'avais appris qu'il y avait eu un naufrage avec beaucoup de morts. Mais j'&#233;tais loin de m'imaginer que chaque jour il y a des migrants noy&#233;s en M&#233;diterran&#233;e. Je ne l'ai su qu'une fois en Italie. Alors j'ai imm&#233;diatement compris, car j'ai revu mon bateau.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait un zodiac bricol&#233; pour transporter une centaine de personnes, un canot gonflable au fond duquel des planches en bois avaient &#233;t&#233; rajout&#233;es pour le renforcer. Finalement nous n'&#233;tions que 88 (presque tous des Maliens) : une chance pour nous, ces quatre gars qui s'&#233;taient enfuis et ces dix autres rest&#233;s dans la maison sans fen&#234;tres, la charge &#233;tait moins lourde. Par la suite j'ai su que des bateaux semblables transportent jusqu'&#224; 140-150 personnes, ce sont ceux qui coulent normalement. Le soir m&#234;me, vers 22h, on nous a fait embarquer. On nous a fouill&#233;s, enlev&#233; toutes nos affaires, nos documents et nos dossiers pr&#233;cieusement conserv&#233;s pour montrer en Europe nos titres et nos comp&#233;tences ; de plus, sans portables, impossible de communiquer ; si nous mourions, personne ne saurait ; et rien sur nous, impossible demain d'identifier nos cadavres. Une fois &#224; bord, nous avons appris que nous allions seuls &#224; l'aventure, les passeurs restaient &#224; terre. Ils ont nomm&#233; un &#171; capitaine &#187;, un jeune Gambien qui s'y connaissait un peu, ils lui ont donn&#233; un talkie-walkie pour parler avec eux en cas de besoin (avec l'ordre de le jeter &#224; la mer une fois rep&#233;r&#233;s par les Italiens) et une boussole. Il ne fallait pas s'&#233;carter de la direction de la fl&#232;che, le nord, on finirait par &#234;tre aper&#231;us par la marine italienne, alors nous serions en Europe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes partis, la mer &#233;tait calme, elle l'est rest&#233;e toute la nuit. Le lendemain vers 13h un grand navire de guerre accompagn&#233; d'un h&#233;licopt&#232;re nous a aper&#231;us, on &#233;tait sauv&#233;s. Je suis arriv&#233; en Italie le 20 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lamine.&lt;/strong&gt; D&#232;s que mon fr&#232;re m'a appel&#233; d'Italie, je suis parti moi aussi. Mais sans passer par le Niger. Un ami m'avait t&#233;l&#233;phon&#233; : surtout pas le Niger, c'est l'enfer ! la route la plus s&#251;re est encore le nord du Mali malgr&#233; la guerre. Gr&#226;ce &#224; cet ami je n'ai pas eu &#224; subir les m&#234;mes &#233;preuves que mon grand fr&#232;re. Vous voyez combien elle est cruelle cette guerre sans nom men&#233;e contre les migrants subsahariens, beaucoup plus dangereuse qu'une guerre ouverte et d&#233;clar&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
On &#233;tait 25 (que des hommes maliens et une minorit&#233; d'Ivoiriens) sur un seul pick-up. On avait tous tr&#232;s peur, on allait traverser la zone des rebelles du MNLA. Mais le voyage s'est tr&#232;s bien pass&#233;, sauf que l'argent pay&#233; au passeur de Bamako ne comprenait pas la somme due aux rebelles pour continuer, 40 dinars chacun. Nous nous sommes arr&#234;t&#233;s quelques fois, comme &#224; Tamanrasset en Alg&#233;rie ; nos routes se s&#233;parant, il fallait former de nouveaux convois. Mais le voyage n'est devenu fatigant qu'&#224; la fronti&#232;re libyenne et apr&#232;s. D'abord pour gagner Ghadam&#232;s, les 35 que nous &#233;tions, en minibus depuis Tamanrasset, nous avons d&#251; descendre et marcher cinq heures la nuit dans le d&#233;sert en suivant un guide touareg ; puis le jour suivant, quand de Ghadam&#232;s nous sommes partis &#224; quinze pour Tripoli, couch&#233;s sur un pick-up et cach&#233;s sous une b&#226;che. Toute une journ&#233;e, &#231;a a &#233;t&#233; tr&#232;s fatigant. Mais rien de comparable &#224; ce qu'a pass&#233; mon fr&#232;re. Je n'ai souffert ni de la soif ni de la faim, on nous apportait des mets tout pr&#233;par&#233;s, et, cette nuit-l&#224;, nous avons dormi dans un champ. Jamais on ne m'a menac&#233; avec des armes. Nous avons mis deux jours, chang&#233; deux fois de voiture pour Tripoli, l'entr&#233;e s'y est faite aussi au moyen de taxis.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s le lendemain nous sommes repartis &#224; huit pour une villa au bord de la mer, &#224; une demie-heure de route. Cette vue immense que je d&#233;couvrais, c'est impressionnant, la premi&#232;re fois ; mais je n'ai pas &#233;t&#233; aussi frapp&#233; que mon fr&#232;re, j'&#233;tais pr&#233;par&#233; par tout ce qu'il m'en avait dit au t&#233;l&#233;phone.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette villa abandonn&#233;e je suis rest&#233; un mois. &#192; mon arriv&#233;e, dans les trois pi&#232;ces il y avait une vingtaine de personnes. Puis, jour apr&#232;s jour, d'autres sont venues s'ajouter, au plus fort on &#233;tait exactement 125. Les pi&#232;ces &#233;taient grandes, mais l'encombrement &#233;tait tel qu'on n'arrivait pas &#224; bouger, m&#234;me le jour ; alors la nuit, dormir, c'&#233;tait tr&#232;s dur. Couch&#233;s sur le c&#244;t&#233;, les uns contre les autres, tout le monde &#233;tait coinc&#233; et on ne pouvait faire aucun mouvement. Pour te retourner, pas moyen de le faire sans te lever et d&#233;ranger tes voisins. Rien d'&#233;tonnant si pendant ce mois quatre gars sont tomb&#233;s malades d'une assez forte fi&#232;vre. On les a amen&#233;s &#224; Tripoli pour les soigner, ils sont revenus gu&#233;ris dix jours apr&#232;s, le jour du d&#233;part.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment d'embarquer on nous a tout enlev&#233; : documents, portables, m&#234;me nos ceintures. Avec l'agrafe tu peux crever le bateau pneumatique, para&#238;t-il&#8230; il faut &#234;tre fou ! Il ne nous restait que nos v&#234;tements sur nous. J'ai fait deux d&#233;parts, le premier s'est mal pass&#233;. On nous a fait monter &#224; 145 sur le bateau, un zodiac gonflable comme celui de mon fr&#232;re. Par chance on &#233;tait encore tout pr&#232;s du rivage. Une centaine de m&#232;tres, m&#234;me pas, et &#231;a a commenc&#233; &#224; faire eau. &#199;a rentrait par le fond, par les planches de bois rajout&#233;es pour porter un si grand nombre de gens. Ceux qui savaient nager se sont jet&#233;s &#224; l'eau, notre capitaine (lui aussi un Gambien de 18 ans) a fait demi-tour, une fois au rivage l'eau nous arrivait d&#233;j&#224; au bassin, mais ceux qui, comme moi, ne savaient pas nager ont pu d&#233;barquer sains et saufs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si cela s'&#233;tait pass&#233; en haute mer ?... Nous avons commenc&#233; &#224; comprendre combien dangereuse pouvait &#234;tre cette travers&#233;e. Nous avons discut&#233; avec les passeurs, ils ont convenu qu'il fallait moins de personnes sur le bateau. Une semaine apr&#232;s nous &#233;tions 110 (trois quarts Maliens, hommes, et aussi trois femmes nig&#233;rianes). Avec le m&#234;me capitaine &#224; la barre on est partis vers 20h, la mer &#233;tait bonne, le lendemain vers 10h un navire de la marine italienne nous a aper&#231;us.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant tout ce mois en Libye, au bord de cette mer, je n'ai jamais entendu personne parler de tous ces milliers de migrants, morts noy&#233;s, et les autres l'ignoraient comme moi. Ce n'est qu'en Italie que j'en ai entendu parler. La premi&#232;re fois &#231;a a &#233;t&#233; sur le navire m&#234;me qui nous a recueillis, ils parlaient d'un important naufrage arriv&#233; la veille. Par la suite j'en ai appris beaucoup plus, aussi faut-il que je pr&#233;cise ce que j'ai dit tout &#224; l'heure. Une guerre qui ne dit pas sans nom, une guerre beaucoup plus meurtri&#232;re qu'une guerre d&#233;clar&#233;e, est men&#233;e contre la jeunesse africaine. C'est mon avis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Prochain Forum social mondial</title>
		<link>https://www.yannis.lehuede.org/prochain-forum-social-mondial.html</link>
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		<dc:date>2014-11-12T21:43:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Sans-Papiers</dc:subject>
		<dc:subject>Caravane des Sans-Papiers</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le prochain Forum social mondial, pr&#233;vu pour mars 2015, se tiendra, comme en 2013, &#224; Tunis. La Coalition internationale des sans-papiers et migrants et la Coordination de sans-papiers de Paris ont, m&#234;me pour 2015, la ferme intention d'y faire retentir la voix des migrants sans-papiers (sur les espoirs et la d&#233;ception de la participation de 2013, voir la Voix des sans-papiers, num&#233;ros 10 et 11). Pour assurer leur pr&#233;sence au forum, une demande de &#171; d&#233;l&#233;gation prot&#233;g&#233;e &#187; vient d'&#234;tre d&#233;pos&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le prochain &lt;strong&gt;Forum social mondial&lt;/strong&gt;, pr&#233;vu pour mars 2015, se tiendra, comme en 2013, &#224; Tunis. La Coalition internationale des sans-papiers et migrants et la Coordination de sans-papiers de Paris ont, m&#234;me pour 2015, la ferme intention d'y faire retentir la voix des migrants sans-papiers (sur les espoirs et la d&#233;ception de la participation de 2013, voir la Voix des sans-papiers, num&#233;ros 10 et 11). Pour assurer leur pr&#233;sence au forum, une demande de &#171; d&#233;l&#233;gation prot&#233;g&#233;e &#187; vient d'&#234;tre d&#233;pos&#233;e en France.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces migrants viennent pour la plupart des pays subsahariens. Dans leur route vers l'Europe, ils traversent les pays du Maghreb (y s&#233;journant souvent pendant des ann&#233;es), o&#249; ils sont les victimes de pers&#233;cutions raciales et d'exactions et crimes de la part des polices d'&#201;tat. Le projet pour 2015 est ambitieux : arriver &#224; Tunis par une caravane au d&#233;part du Mali, en traversant le S&#233;negal, la Mauritanie, le Sahara Occidental, le Maroc, l'Alg&#233;rie. Pourquoi un si long parcours ? Pour expliquer sur place aux populations les naufrages et les noyades et les morts par milliers dont sont victimes tous ces jeunes qui quittent l'Afrique vers l'Europe, pour leur expliquer lesquels sont les vrais responsables : d'abord l'Europe elle-m&#234;me, et ensuite les gouvernements africains &#224; la solde des int&#233;r&#234;ts europ&#233;ens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'or ou l'&#233;migration : ont-ils le choix ?</title>
		<link>https://www.yannis.lehuede.org/l-or-ou-l-emigration-ont-ils-le.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Sans-Papiers</dc:subject>
		<dc:subject>Mali &amp; Bamako</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Mali est riche de son or &#8211; mais sa population ? Nous en avions fait le sujet d'un num&#233;ro de la Voix des sans-papiers il y a trois ans (n. 6, 26 octobre 2011, L'or de K&#233;ni&#233;ba), le lecteur pourra y trouver peut-&#234;tre encore mati&#232;re &#224; se questionner et &#224; chercher un bout de r&#233;ponse. Mais qu'en est-il au juste trois ans apr&#232;s ? Pourquoi un pays d'Afrique au sous-sol si riche, et non seulement en or, continue d'exporter surtout (comme d'autres pays africains au sol non moins riche) ses jeunes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Mali est riche de son or &#8211; mais sa population ? Nous en avions fait le sujet d'un num&#233;ro de la Voix des sans-papiers il y a trois ans (n. 6, 26 octobre 2011, &lt;i&gt;L'or de K&#233;ni&#233;ba&lt;/i&gt;), le lecteur pourra y trouver peut-&#234;tre encore mati&#232;re &#224; se questionner et &#224; chercher un bout de r&#233;ponse. Mais qu'en est-il au juste trois ans apr&#232;s ? Pourquoi un pays d'Afrique au sous-sol si riche, et non seulement en or, continue d'exporter surtout (comme d'autres pays africains au sol non moins riche) ses jeunes travailleurs pouss&#233;s au d&#233;sespoir et &#224; l'&#233;migration par le sous-emploi et la pauvret&#233; des familles, et cela ind&#233;pendamment de la guerre dans les r&#233;gions du nord ? Pour faire bref : pourquoi ces jeunes Noirs vaillants et volontaires ne choisissent-ils pas plut&#244;t &#171; l'or &#187; ? La r&#233;ponse n'est peut-&#234;tre pas &#233;vidente, mais la question n'est peut-&#234;tre pas non plus si simple. Quoi qu'il en soit, questionn&#233; l&#224;-dessus par des amis, l'un des responsables de la CSP75 lors de l'occupation de la Bourse du travail de Paris en 2008-2009 et de l'occupation de Baudelique en 2009-2010, r&#233;gularis&#233; depuis en France, mais rentr&#233; au Mali, a bien voulu r&#233;pondre. Sa r&#233;ponse est d'autant plus int&#233;ressante qu'il travaille comme cadre dans une importante soci&#233;t&#233; mini&#232;re du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Entre l'or et l'&#233;migration, le choix n'est pas ais&#233; ! Jugez-en plut&#244;t. Pour les orpailleurs, qui s'engouffrent dans les entrailles de la terre &#224; la recherche du m&#233;tal pr&#233;cieux, les risques encourus sont trop &#233;lev&#233;s : &#233;boulements, asphyxie, absence d'autorit&#233; de l'&#201;tat, attaques r&#233;guli&#232;res des petits exploitants par des bandits qui laissent souvent des cadavres sur place. Et &#224; c&#244;t&#233;, une grande pollution li&#233;e &#224; la m&#233;connaissance des techniques modernes d'exploitation. En d&#233;pit de cela, de leur caract&#232;re informel, on rencontre sur ces sites un monde fou, estim&#233; (en 2002) &#224; plus de 20000 personnes sur l'ensemble du territoire. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quant &#224; l'exploitation industrielle, &#034;il n'y a pas photo&#034;, comme disent les enfants. Dans le seul site o&#249; je travaille il y a plus d'une vingtaine de sous-traitants avec un personnel d&#233;passant 2000 personnes. L'or ne brille pas pour les populations, titrait le 1er juillet dernier le R&#233;publicain, quotidien d'information de Bamako. Pourtant, selon M. Sangare, pr&#233;sident du Groupe de suivi budg&#233;taire, le secteur minier est devenu depuis quelques d&#233;cennies la cl&#233; de vo&#251;te de notre &#233;conomie, avec un apport de plus de 275 milliards de francs CFA en 2012, soit 70% des exportations et 8% du PIB. La troisi&#232;me place de notre pays, en Afrique, en termes de production aurif&#232;re, derri&#232;re le g&#233;ant sud-africain et le Ghana, n'est pas usurp&#233;e. Il reviendrait &#224; nos autorit&#233;s de faire en sorte que l'or soit un levier de d&#233;veloppement pour les autres secteurs &#233;conomiques, tout au moins dans les zones de production. M. Sangare d&#233;plore justement que, malgr&#233; leur apport &#233;norme &#224; l'&#233;conomie nationale, la plupart de ces zones demeurent tr&#232;s pauvres, et ne parviennent toujours pas &#224; amorcer un d&#233;but de d&#233;veloppement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce qui arrive aux migrants sur ces embarcations de fortune qui traversent la M&#233;diterran&#233;e, est sans doute imputable avant tout &#224; nos mauvaises politiques nationales. Rappelons-nous le slogan de campagne du candidat IBK (Ibrahim Boubacar Ke&#239;ta) : &#034;le Mali d'abord !&#034; Consid&#233;rons ensuite ses actes, depuis qu'il est le pr&#233;sident du pays. Ils d&#233;mentent outrageusement ses promesses. Pour commencer il r&#233;nove son chez lui sur le budget national, au lieu d'habiter la r&#233;sidence habituelle des pr&#233;sidents ! puis il acquiert, malgr&#233; le Boeing en parfait &#233;tat laiss&#233; par son pr&#233;d&#233;cesseur, un avion &#224; pr&#232;s de 20 milliards de nos francs ! Est-ce que c'est l'achat d'un deuxi&#232;me avion pr&#233;sidentiel la priorit&#233; du Mali ? alors que, pour ne mentionner que &#231;a, notre arm&#233;e manque de tout ! alors qu'il est surtout urgent de construire des &#233;coles partout dans le pays !&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La question reste en somme enti&#232;re sur le choix pas forc&#233;ment corn&#233;lien entre l'&#233;migration et l'or. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Extrait d'emission radio</title>
		<link>https://www.yannis.lehuede.org/extrait-d-emission-radio.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Sans-Papiers</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;(Source : FPP, 4 septembre 2014, adaptation) &lt;br class='autobr' /&gt; Je viens pour la troisi&#232;me fois &#224; l'antenne vous parler des Subsahariens au Maroc. L'heure est tr&#232;s grave. Ils subissent une r&#233;pression f&#233;roce. Je vous avais parl&#233; de ceux qui ont &#233;t&#233; pr&#233;cipit&#233;s d'une terrasse du quatri&#232;me &#233;tage. Sur cet assassinat la police n'a pas encore ouvert une enqu&#234;te. &#192; l'heure o&#249; je vous parle, il y a des manifestations devant le b&#226;timent des Nations Unies &#224; Rabat, les Subsahariens se sont mobilis&#233;s devant leurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;(Source : FPP, 4 septembre 2014, adaptation)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je viens pour la troisi&#232;me fois &#224; l'antenne vous parler des Subsahariens au Maroc. L'heure est tr&#232;s grave. Ils subissent une r&#233;pression f&#233;roce. Je vous avais parl&#233; de ceux qui ont &#233;t&#233; pr&#233;cipit&#233;s d'une terrasse du quatri&#232;me &#233;tage. Sur cet assassinat la police n'a pas encore ouvert une enqu&#234;te. &#192; l'heure o&#249; je vous parle, il y a des manifestations devant le b&#226;timent des Nations Unies &#224; Rabat, les Subsahariens se sont mobilis&#233;s devant leurs ambassades pour d&#233;noncer ce qui s'est pass&#233; dans la nuit du 29 au 30 ao&#251;t. Un S&#233;n&#233;galais du nom de Charles Ndour a &#233;t&#233; &#233;gorg&#233;. Les fois pr&#233;c&#233;dentes, comme pour les deux Camerounais d'il y a quelques jours, c'&#233;tait des &#171; accidents &#187;, ainsi qu'ils ont l'habitude de le dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a des dizaines et des dizaines de bless&#233;s graves. On me dit ce matin qu'un autre Camerounais a rendu l'&#226;me, et qu'un Ivoirien est dans un &#233;tat tr&#232;s grave. Il y a tout un syndicat de &#171; radicalistes &#187; qui s'est cr&#233;&#233; &#224; Tanger. La population parle de syndicat raciste contre les Noirs. Il recrute et finance des jeunes d&#233;s&#339;uvr&#233;s et les pousse &#224; commettre ces agressions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus &#233;tonnant c'est l'hypocrisie des associations marocaines avec qui nous travaillons depuis des ann&#233;es. Dans les r&#233;seaux des migrants, on pr&#233;sente l'info avec photos &#224; l'appui, mais des militants marocains ont envoy&#233; dans les m&#234;mes r&#233;seaux des vid&#233;os o&#249; on les voit apporter assistance aux migrants. Ces vid&#233;os datent de plusieurs ann&#233;es ! histoire de donner le change.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, il y a du nationalisme parmi ces militants. Ils pr&#234;chent l'abandon de la solidarit&#233; internationaliste entre et avec les migrants, lorsqu'ils disent qu'il ne faut pas pr&#233;senter le Maroc comme un pays raciste. Ici en France il y en a qui portent leur solidarit&#233; et qui disent : il y a du racisme chez nous, de la x&#233;nophobie, il faut r&#233;gulariser les sans-papiers, etc&#8230; Mais ces militants marocains qui &#224; l'heure actuelle se positionnent ainsi sur le nationalisme, l&#224; je ne comprends pas. Les migrants au Maroc sont abandonn&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, c'est &#231;a la v&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a encore pire. Voil&#224; 10 jours une fosse commune a &#233;t&#233; d&#233;couverte : des dizaines de cadavres de migrants subsahariens ! Cette fosse &#233;tait juste en contrebas du grillage de Melilla, c&#244;t&#233; marocain. Sur terre marocaine, et personne n'en parle !&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; la situation. Ce ne sont plus seulement des actes gratuits isol&#233;s. Aujourd'hui, on &#233;gorge les migrants de mani&#232;re organis&#233;e. Ce n'est pas tr&#232;s loin des images qu'on voit de la Syrie, de la Palestine.&lt;br class='autobr' /&gt;
On parle d'aller au FSM de Tunis en 2015, migrants et sans-papiers, parce qu'il faut que l'Afrique s'organise. Il s'est pass&#233; quoi &#224; Tunis en 2013 ? Les Subsahariens n'y ont jou&#233; que le r&#244;le de bouche-trous. Il faut en finir avec ce jeu o&#249; ce sont les repr&#233;sentants des organisations qui parlent pour les migrants. Aux Maghr&#233;bins, il faut leur rappeler que le Maroc est vraiment en Afrique, il ne faudrait pas qu'ils prennent les migrants Subsahariens comme un marche-pied pour arriver &#224; demander leurs subventions &#224; l'Europe. Oui, il faut que l'Afrique noire se r&#233;veille, mais il ne faudrait pas qu'elle se r&#233;veille encore une fois au profit des autres !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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